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L’affaire il est vrai ne date pas d’hier mais d’une époque où Giscard fraîchement débarqué du fauteuil de président de la république rêvait d’un avenir radieux pour l’Auvergne et pour Clermont-Ferrand. Pour l’Auvergne il avait son projet mégalomane, Vulcania. Mais le « giscardoscospe » s’est avéré au fil des ans une gigantesque escroquerie et un monumental plantage économique et touristique dont on ne finit pas de payer l’addition. Selon certaines estimations chaque entrée à Vulcania coûte 20 euros au contribuable auvergnat. Sur la base de 350 000 entrées par an, on peut mesurer l’étendue des dégâts et de la dilapidation des fonds publics. Il est vrai que l’argent n’a pas été perdu pour tout le monde et qu’un réseau fourni et politiquement transcourants d’entreprises de travaux publics a su profiter de l’opportunité. Ils ont fait du béton et du pognon, beaucoup de pognon et du béton de qualité médiocre. Qui s’en étonne aujourd’hui ?

Ce que l’on sait moins est que le grand homme, avant de se prendre une veste aux municipales de 95, avait aussi son projet pour Clermont-Ferrand. L’avenir de Clermont- Ferrand, c’était une mégalopole, concentrée sur des axes auto routiers allant de Vichy à Brioude, et capable de rivaliser avec les plus grandes métropoles européennes. Giscard lui avait même trouvé un nom : Arvernia ! Ce que confirme son admiratrice Anne Courtillé, qui se plaint sur son blog de ce que l’actuelle majorité régionale, rejointe en cela par Adenot adjoint au Maire de Clermont, a copié trait pour trait ce magnifique projet et, circonstance aggravante, sans reconnaissance de paternité… 

L’avenir de Clermont-Ferrand serait donc là : une concentration anarchique de capital et de population se déplaçant à grande vitesse sur une bande étroite de quelques kilomètres carrés ; avec sur les bords, les quartiers périphériques réservés aux citoyens de seconde zone qui recueilleraient les miettes du pactole, et au-delà un désert peuplé d’indigènes en charge de la conservation du folklore auvergnat. Cela conduit bien sûr à des conséquences en chaine en matière fragmentation de la ville, de segmentation des territoires, de ségrégation des populations, et autres fractionnements... Nul besoin de faire un dessin.

Aujourd’hui la « métropolisation » qui est au centre du projet de loi lié à « l’acte III de la décentralisation » prolonge, systématise et aggrave, la dynamique antidémocratique de l’intercommunalité. Les grandes lignes en sont connues : austérité partout, coupes claires dans les dotations de l’état, concurrence généralisée entre territoires et mise sous tutelle des collectivités au nom de la bonne « gouvernance ». Ce mot, les néo libéraux veulent
nous l’imposer et nous le servir à toutes les sauces quand il s’agit pour eux de se dégager des votes du peuple qui ne leur plaisent pas. Ils nous ont fait le coup avec les traités
européens régulièrement rejetés par le vote populaire. Qu’importe si le peuple n’en veut pas, la « bonne gouvernance européenne » impose son application. 

Maintenant ils nous refont le coup pour les communes. Le projet de loi sur la métropolisation des territoires prévoit au nom de la « modernisation de l’action publique territoriale » la création de « conférences territoriales » réunissant élus, Etat et « experts » pour « élaborer un pacte de gouvernance territoriale » et débattre de « sujets représentants un intérêt local ». En ce qui concerne les Métropoles le schéma général a déjà été entériné : renforcement des compétences en ce qui concerne le développement économique, l’aménagement des territoires, le logement, le tourisme, etc. Quand on sait qu’un autre volet de « l’acte III de la décentralisation » porte sur l’encadrement financier des collectivités, on peut se demander ce qu’il restera aux conseils municipaux élus…

Certains objecteront que Clermont-Ferrand n’est pas, du moins dans un premier temps, directement concerné, car la ville n’atteint pas, en nombre d’habitants, le seuil permettant de prétendre au statut de métropole. Il n’empêche que le modèle fascine et devient ce vers quoi il faudrait tendre à tout prix. La métropolisation, c’est la grenouille de la fable de La Fontaine qui veut devenir plus grosse que le boeuf, qui s’enfle de vent et finit par éclater !

C’est la prime aux grands projets inutiles, de stades surdimensionnés, en temples de la consommation qui détruisent le petit commerce et les quartiers populaires du centreville. A Clermont, on est servi ! Le schéma général qui guide les partisans de cette fuite en avant est une forme de darwinisme social et géographique selon lequel les gros doivent manger les petits. C’est bien dommage, mais c’est la vie… Que les plus performants, les plus compétitifs ou, comme on dit aujourd’hui, les plus « attractifs », gagnent. Et que les autres disparaissent, ou tout au moins ne se mettent pas en travers de grande course à la modernisation néolibérale. Car pour eux, il n’est qu’une façon d’être moderne : être le plus fort, le plus friqué, le plus prédateur, le plus « bling bling ».

La métropolisation n’est que la traduction territoriale de la primauté de l’économique et de la finance, sur l’humain et sur le politique, abaissé à la « gouvernance ». La métropole que l’on nous promet n’est pas la forme naturelle de l’urbanisation du 21e siècle, ce n’est que la forme d’urbanisme du capitalisme mondialisé, une déclinaison de plus de la marchandisation du monde. Ce qui se joue derrière, c’est, dans le cadre de budgets précontraints par l’austérité, la perte d’égalité de traitement selon les territoires et les quartiers. D’une certaine manière, la course au statut de métropole (outre Paris Lyon Marseille, ce sont les agglomérations de Bordeaux, Rouen, Toulouse, Lille, Strasbourg, Montpellier, Grenoble et Rennes qui sont sur les rangs) c’est la Ligue 1 en foot avec un brassage invraisemblable de fric et des clubs qui perdent leur âme, et derrière les autres villes, c’est la Ligue 2 qui rêve de monter en Ligue 1 et cherchera donc à accroitre son « attractivité » comme Nantes avec l’Ayraultport.

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